Album Facebook Photoquai vu par les visiteurs

Construire une culture numérique et participative dans une institution patrimoniale

Jeudi 16 octobre 2014, la Ville de Bordeaux m’a invité à intervenir lors de la journée « Culture et numérique », dans le cadre de la Semaine digitale. Voici la trame de mon intervention, qui m’offre l’occasion de livrer quelques pistes de réflexion autour du musée participatif, en m’efforçant de montrer comment construire une culture numérique et participative au sein du musée. Il manque quelques éléments qui rebondissaient sur les interventions précédentes, notamment en réponse à mon confrère Samuel Bausson autour des cultures du web et de leur adoption par les musées. Pour plus d’informations, consultez le livetweet avec les deux hashtags #SDBX4 et #culturnumbx14.

Qu’est-ce la participation ? À quel moment commence la participation du visiteur ? Que veut dire « prendre part à » ? Si on s’en tient à la définition la plus stricte, le musée produit un dispositif de visite, qu’il soit temporaire ou permanent, dans lequel le visiteur prend pleinement part en jouant son rôle de visiteur. Il vient visiter, c’est-à-dire voir et être en présence de ce qui lui est proposé par les conservateurs du musée ou les commissaires de l’exposition.

Mais comme on dit : ça, c’était avant. Avant que l’ensemble des outils en ligne apparus au début des années 2000 ne lui permettent de produire, à son tour, un discours sur ce qu’il lui est proposé de visiter. Alors bien sûr, la participation n’a pas commencé en 2007 quand Facebook s’est ouvert à tous ou en 2008, quand Apple a sorti l’iPhone et son système d’applications reposant sur l’iTunes Store. Néanmoins, ces outils ont amorcés une changement de fond dans la relation qui unit le musée et ses publics. Comme nous le savons à présent, la présence des institutions culturelles et patrimoniales sur les réseaux sociaux constitue une première étape dans la mise en place d’une dispositif participatif en ligne, à travers le recueil de la parole des visiteurs et le crédit qui y est accordé. Et forcément, tout cela change aussi la manière dont le musée est organisé, les interactions qui naissent entre les agents de services et de directions différentes, voire d’autres institutions, ainsi que les modes de prise de décision.

Pour amener les visiteurs à participer…

Au musée du quai Branly, lorsque les visiteurs nous posent des questions sur Twitter, que ce soit à l’occasion de l’opération #AskACurator il y a quelques semaines ou lors de la #MuseumWeek au printemps dernier, nous sommes déjà dans une dimension participative. Comme je l’ai déjà évoqué, nous considérons les RSN comme étant à la croisée des trois disciplines que sont la communication, l’information et la médiation. Voici quelques exemples qui n’illustrent pas directement ces trois axes, mais mettent en avant la participation.

À l’automne 2013, à l’occasion de Photoquai, la biennale de photographie internationale que nous organisons en face du musée, nous avons mis en place un album collaboratif sur la page Facebook de l’événement, permettant aux visiteurs de partager leur regard sur la biennale. Ils et elles ont ainsi participé à la médiation entourant la biennale en apportant leur propre regard sur l’exposition, nécessairement non institutionnel, attirant notre attention sur les œuvres favorites, des éléments insolites ou poétiques de l’exposition.

Au printemps 2012, lors des Vacances numériques, nous avons recueilli la parole des visiteurs à propos de Berenson, un robot anthropomorphe, sujet d’un projet de recherche en anthropologie, qui s’interroge sur la notion de goût esthétique. Les publics étaient invités à partager avec le robot leurs avis sur des pièces exposées. L’année suivante, nous avons organisé un edit-a-thon en partenariat avec Wikipédia : conservateurs, wikipédiens chevronnés et visiteurs de passage se sont penchés sur plusieurs pages relatives aux thématiques traitées par le musée, pour les améliorer ensemble.

Comme on le voit dans ces exemples, la participation n’est pas uniquement numérique : aujourd’hui, elle est souvent à mi-chemin entre en ligne et hors ligne, et passe joyeusement d’un support à l’autre. Par exemple, les actions de médiation portées par la Direction des publics trouvent un prolongement avec la mise en ligne, sur le site ou sur la page Facebook du musée des photos, des dessins ou encore des poèmes produits par nos visiteurs pendant les ateliers en famille – le tout, avec leur accord. En outre, on constate également que numérique et participatif sont intimement liés, même s’ils ne sont pas indissociables. Or, une culture numérique ne peut pas se développer sans d’autres couches de pratiques et d’engagements, notamment de la part de ceux qui « font » le musée. Alors, permettez-moi de revenir quelque peu en arrière.

Il faut commencer par l’interne…

Lorsque je suis arrivé au musée il a 2 ans et demi, il n’y avait pas de stratégie numérique globale. La dimension numérique était abordée à plusieurs niveaux, dans plusieurs services eux-mêmes répartis dans plusieurs directions. Mon embauche a été l’occasion pour l’institution d’amorcer une réflexion sur le numérique, et sur le positionnement que le musée devait apporter sur les questions qu’il suppose.

Progressivement et en parallèle à l’ensemble des dispositifs que je viens de lister, je me suis efforcé d’apporter une culture numérique dans l’établissement. D’abord en me rendant aussi disponible que possible pour répondre aux questions que les agents se posent sur le numérique, quelque soit leur niveau dans la hiérarchie. Puis par la mise en place d’une veille mensuelle, un cours bulletin contenant une sélection d’initiatives récentes, que j’envoie à l’ensemble des agents. Enfin, en diffusant autant que possible les informations relatives à l’actualité des rencontres autour du numérique. Créer une culture numérique et participative nécessite de commencer par les collègues les plus proches, pour les sensibiliser à ces enjeux, avant de pouvoir s’étendre aux visiteurs.

Je ne crois pas avoir révolutionné les pratiques à l’interne, mais je m’efforce d’apporter de la cohérence dans l’offre du musée, notamment en facilitant les échanges entre mes collègues. Nous savons tous combien il est parfois difficile d’aller au-delà du cloisonnement entre directions, hors ce cloisonnement va à l’encontre des pratiques numériques, par définition éclatées, décentralisées et moins hiérarchisées. Aujourd’hui, le numérique est abordé dans au moins cinq des sept directions que compte le musée, la question dépasse donc bien sûr mon seul service. Nombreux sont mes collègues à intervenir sur des projets variés que sont le site internet, les réseaux sociaux, les applications mobiles, la signalétique dynamique, les productions audiovisuelles et multimédia.

Justement, parmi les agents plus impliqués en ligne aujourd’hui, nombreux sont ceux qui travaillaient déjà au musée à mon arrivée – certains depuis plusieurs années – et dont la créativité ne demandait qu’à être libérée à travers des outils ou des occasions dédiées (voir notamment les photos et Vine de @jbrkmr). C’est cette dynamique que je m’applique à stimuler, et que nous nous efforçons d’entretenir à travers le comité éditorial, que je coordonne et qui préside aux contenus mis en ligne sur le site internet et les réseaux sociaux.

En s’appuyant sur sa communauté !

Ce qui a changé aussi ces dernières années, c’est que nos missions passent immanquablement par des communautés de professionnels, utilisateurs quotidiens des réseaux sociaux, et qui construisent ensemble de nouvelles expériences de communication et de médiation au musée.

Parmi les nombreuses initiatives nées de la communauté des #museogeeks, figure Muzeonum, la plateforme des professionnels du numérique au musée que je participe à animer. Son objectif est de faciliter le partage de bonnes pratiques, l’accès à la formation et à l’emploi. Ses membres sont des agents d’institutions patrimoniales et culturelles, des professionnels extérieurs (consultants en agence ou indépendants), des chercheurs, des étudiants ou des passionnés. Nous avons développé de nombreux outils parmi lesquels un wiki et un groupe Facebook, qui viennent compléter les outils de veille tels que Twitter. Nous sommes actuellement en train de créer une association, dont le statut administratif nous permettra de développer de nouveaux projets. Compte-tenu de mon implication auprès de Muzeonum, j’incite bien sûr régulièrement mes collègues à participer aux événements de la communautés.

Vers une stratégie numérique globale qui associe les publics

Aujourd’hui au musée du quai Branly, le projet qui nous occupe est la refonte du site web, dont le dévoilement au public est prévu pour le printemps 2015. C’est un projet ambitieux, qui nous amènera à revoir intégralement l’architecture du site actuel, et bien sûr l’interface. La prochaine version sera en responsive web design, un ensemble de règles et de langages qui repose sur les standards du web et qui permet la consultation d’un contenu identique sur tous les supports, qu’ils soient mobiles ou non. Ce site fera la part belle aux bases de données des collections, tout en n’oubliant pas les informations pratiques. Nous espérons que cette nouvelle mise en forme permettra une plus grande appropriation des collections par les visiteurs, favorisant leur participation et leur collaboration dans la construction du propos qui entoure le musée.

Bien sûr, le participatif n’est pas une fin en soit. L’injonction à participer ne doit pas devenir le nouveau ticket d’entrée au musée, favorisant les plus créatifs et les moins timides au détriment des visiteurs pour lesquels la visite physique suffit à définir leur relation au musée. Mais les outils qui permettent aux visiteurs de s’exprimer participent à reconfigurer les liens qui unissent les institutions et leurs publics, à travers une place plus grande accordée à leur parole. Une meilleure prise en compte des retours dont les visiteurs nous font part permet de les associer dans leur diversité, en tenant compte de leurs pratiques culturelles et numériques. Comme mes confrères et mes consœurs d’autres établissements vous en parleront cet après-midi, nous voyons l’usage de Twitter grandir chez les jeunes, tandis que Facebook reste une référence pour les familles, et que de nombreux autres plateformes naissent et se développent, générant de nouveaux usages.

Si le community management est un métier naissant, qui se construit au quotidien, il repose sur les missions premières du musée : la conservation, la valorisation et la diffusion au plus grand nombre des collections nationales. Or, le numérique et les cultures qui en découlent ne s’opposent en rien à ces missions, mais constitue un formidable outil pour les remplir. Si nous souhaitons innover durablement, nous ne nous pouvons plus nous dispenser d’une politique numérique structurée, qui passe notamment par une présence affirmée sur les réseaux sociaux, devenus de véritables vecteurs de notre mission de service public.

#coulissesMW

Étude de cas sur #coulissesMW, la première journée de la #MuseumWeek

Après avoir rapidement listé ce que le musée du quai Branly a posté pendant la #MuseumWeek, je vous propose de me concentrer sur la journée du lundi, avec le mot-dièse #coulissesMW et de l’explorer sous trois aspects : l’organisation, la communication et la médiation. Bien sûr, ce choix est un prétexte pour aborder plus généralement l’opération sous ces trois aspects.

Organisation

Cette première journée à mobilisé une douzaine d’agents, principalement de trois services de la direction du patrimoine des collections (le DPC) : la régie des collections, l’atelier de restauration et la conservation. Il a été nécessaire d’obtenir l’autorisation de la part d’Yves Le Fur, directeur du DPC pour que ses agents soient associés, à l’aide d’une note interne lui présentant le projet. Puis, j’ai rencontré individuellement certains des responsables de service pour leur expliquer le fonctionnement de Twitter et leur présenter ce que j’avais prévu de faire pour cette journée.

La journée elle-même elle s’est divisée en quatre parties :

  • première partie de la matinée sur le plateau des collections (l’espace des collections permanentes), avec la pose d’un pagne sur une statue de culture nkhisi en compagnie de deux agents du pôle restauration.
  • deuxième étape dans l’atelier de restauration conservation préventive avec les agents qui y travaillent, ainsi qu’un zoom sur les scan 3D, portés au musée par Christophe Moulherat, l’un des responsables scientifiques, qui a présenté le principe.
  • ensuite retour sur le plateau des collections pour le réaménagement de deux vitrines de la zone Amériques à l’occasion de l’exposition « Indiens des Plaines ». Pour ces trois étages, j’ai globalement posté en temps réel, avec quasiment un livetweet de la présentation de Christophe pour le scan 3D.
  • enfin, dernière étape, après le déjeuner et toute l’après-midi pour une visite les réserves en compagnie de l’un des agents qui les coordonne, Fabrice Sauvagnargues. Il n’aurait pas été possible d’accéder aux réserves sans l’accord du directeur du DPC, car cette zone est rarement accessible aux agents qui n’y travaillent pas. J’ai pu notamment montrer aux visiteurs des pièces en attente pour être photographiés, d’autres en attente d’être envoyées en itinérance, ou encore que certaines des nouvelles acquisitions. D’un point de vue pratique, comme il n’est pas possible d’accéder au réseau à partir des réserves, j’ai pris des notes et des photos, j’ai tout posté une fois remonté à a surface.

Communication

Du point de vue éditorial et institutionnel, il y avait plusieurs enjeux dans cette première journée : tout d’abord, il fallait trouver le ton, un ton qui soit propre à la dimension événementielle de la semaine, avec une couverture en temps réel conséquente, mais en même temps, une tonalité qui s’inscrive dans ce que nous faisons habituellement sur Twitter. Il était également important de respecter toutes les recommandations de sécurité et de confidentialité, notamment pour les informations et les photographies montrant des manipulations d’œuvres ou des zones à accès restreint des réserves. En outre, le scan 3D était un sujet assez délicat à traiter pour moi, alors que j’avais eu peu de temps pour me documenter en amont sur ce projet, qui est régulièrement montré dans des publications scientifiques mais encore peu connue de nos publics plus généraliste, et auquel il était important d’expliquer la démarche.

Plus généralement, les objectifs en termes de communication pour le musée lors de la #MuseumWeek était à la fois de se positionner comme innovant les réseaux sociaux et d’être identifié par les utilisateurs de Twitter qui n’auraient pas connaissance de notre présence sur la plateforme. À cet égard, nous estimons que nous avons atteint une partie des objectifs puisque que le musée a gagné 1500 nouveaux abonnés pour la seule semaine de la #MuseumWeek, ce qui constitue à peu près le double des nouveaux abonnés sur une semaine ordinaire. En outre, l’augmentation à continué dans les semaines qui ont suivi, notamment avec l’ouverture d’#IndiensdesPlaines et l’opération #LesBisons [article à venir] entre le 28 mars et le 8 avril. En revanche, parmi les nouveaux abonnés, peu ont continué à être actifs après la semaine.

Nous avons mis en place plusieurs relais à la fois en ligne et hors ligne pour mettre en avant l’événement :

  • sur le site du musée : une page dans la rubrique « Programmation/Fêtes et événements » ainsi qu’une bannière en page d’accueil
  • sur Facebook : une bannière spéciale pour la #MuseumWeek et un album avec le websérie « Histoires d’objets » le mercredi, consacrée aux coups de cœur des conservateurs.
  • in-situ : deux écrans dans la signalétique dynamique, l’un annonçant la semaine en général et le second annonçant le programme quotidien.

En outre, nous avons bénéficié d’une belle couverture dans les médias, avec plusieurs articles citant explicitement les publications du musée, parmi lesquelles l’article du Monde, illustré avec une de nos peaux peintes, merveilleuse publicité pour l’exposition « Indiens des Plaines » qui ouvrait deux semaines après la #MuseumWeek.

Médiation

Les actions qui ont été développés lors de cette plongée dans les coulisses s’inscrivent dans la continuité de ce que nous nous efforçons de mettre en place avec #jourdefermeture. Il s’agit à la fois de montrer les collections mais également d’accompagner les visiteurs dans leur découverte des métiers du musée, de ses espaces, de son quotidien. L’objectif était donc de dépasser la simple narration de pour atteindre un niveau un peu plus exigeant, en ajoutant autant que possible des éléments d’information qui viennent enrichir l’expérience du visiteur et lui permettre de retirer quelques connaissances de cet échange sur Twitter. Il s’agit également de sortir de l’événementialité (j’emprunte le terme à la sociologue Louise Merzeau lors de son dernier séminaire chez Antonio Casilli), propre à la programmation articulée autour d’expositions, de spectacles et de rencontres, pour porter un discours plus généraliste sur le musée, ses fonctions, sa vocation et ses activités.

Le travail effectué sur les #coulissesMW me semble donc clairement dépasser le cadre de la communication, institutionnelle ou promotionnelle. La cinquantaine de tweets postés sur cette journée ont permis de d’approfondir le propos sur ses collections, d’entrer dans des espaces qui ne sont pas habituellement montrés aux visiteurs, alors même que les collections étant nationales, ces pièces appartiennent aux citoyens, elles font partie du bien commun. Et de cette manière, ces publications sur Twitter viennent répondre en partie aux missions qui sont celles du musée : documenter, conserver et exposer le patrimoine national, mais aussi accueillir et informer les visiteurs.

Bilan pour le musée du quai Branly

L’organisation de la semaine a fait l’objet d’une bonne perception à l’interne, avec beaucoup d’agents très impliqués. L’événement a reçu la validation et le soutien des cinq directions principalement concernées, notamment celle du patrimoine et des collections, ce qui a permis une vraie plongée dans les réserves et dans la régie des œuvres, rarement montrée jusqu’à présent sur Twitter. Les effets de cette sensibilisation des agents continuent de se faire sentir plusieurs semaines après l’événement, et facilitent les perspectives de développement d’autres projets en ligne.

Pour le formuler manière plus personnelle, j’avoue que j’ai eu le plaisir de voir mes collègues mobilisés, réactifs et disponibles et je sais que je suis très chanceux d’avoir, au musée du quai Branly, une majorité d’agents ouverts au numérique en général, et notamment aux réseaux sociaux. J’ai eu de nombreuses propositions spontanées de la part de certain-e-s conservateurs, régisseurs-ses, chargé-e-s de production, enthousiastes à l’idée de participer à ce type de projet, c’est pourquoi je profite de l’occasion pour les remercier à nouveau.

En outre, comme indiqué plus haut, nous avons observé une vraie augmentation des abonnés, avec le doublement des nouveaux abonnés par rapport à une semaine habituelle. Le nombre d’abonnés continue d’augmenter, à la fois en raison de la semaine des musées, mais également comme le résultat de nos efforts de coordination pour apporter de la visibilité aux réseaux sociaux en ligne et hors ligne (affichage in-situ dans les expositions et d’autres espaces du musée, lettre d’information aux adhérents, site internet, etc).

Quelques réflexions dans la perspective d’une prochaine édition

Pour une prochaine édition, il est évident qu’il faudra faire preuve de davantage de coordination à l’international, notamment pour avoir les mêmes mots-dièses en France et à l’étranger, mais également plus de collaboration en amont pour créer des échanges avec des institutions dont les thématiques ou l’actualité sont proches.

La communication de Twitter basée sur « les douze grands musées parisiens qui créent la semaine des musées » est à discuter, et elle a été source d’échanges parfois vifs entre institutions, comme en témoigne l’article de mon confrère Gonzague Gauthier. Si elle valorise ces institutions, elle dessert franchement les plus modestes qui n’en sont pas moins dynamiques voire, pour certaines, encore plus créatives que les grosses. À titre personnel, je m’attendais à une approche plus communautaire de la part de Twitter, auréolée de son image de start-up californienne, qui a fait au contraire un choix très hiérarchique, assez institutionnel, de s’adresser à des musées en prenant davantage en compte le prestige et le capital social hors ligne que leurs pratiques en ligne.

Quoiqu’il en soit, cette semaine a été une formidable occasion de montrer le dynamisme des musées et, plus largement, des institutions culturelles, sur les réseaux sociaux. Au musée du quai Branly tout comme chez plusieurs de mes confrères et consœurs, plusieurs abonnés se sont révélés, tout comme des agents à l’interne. En outre, je persiste à penser que les outils tels que Twitter permettent d’aller plus loin que la seule communication de l’institution, pour s’inscrire dans une continuité éditoriale qui dépasse l’événement. Enfin, il me semble qu’il serait pertinent de bien associer les actions en ligne à des événements et/ou à une visibilité hors ligne.

Logo_MuseumWeek_Date

La #MuseumWeek au musée du quai Branly

À l’occasion de #SiliconValois, une rencontre est organisée mardi 27 mai 2014 pour revenir sur la #MuseumWeek, dont on a beaucoup parlé, notamment , ici ou encore . Voici un bref résumé des actions portées par le musée du quai Branly sur Twitter lors cette semaine, qui sera suivi d’un deuxième article prenant pour point de départ la journée du lundi, prétexte à un rapide bilan des enseignements de l’expérience.

Lundi 24 mars, #coulissesMW

La première journée, consacrée aux coulisses, a été l’occasion de montrer à nos communautés en ligne l’envers du décor, selon quatre séquences principales :

  • Début de la matinée : sur le plateau, installation d’un pagne sur une statue en zone Afrique.
  • Fin de la matinée : les scans 3D et les équipements d’analyse des pièces.
  • Début de l’après-midi : retour sur le plateau pour un mouvement des œuvres en vitrines Amériques à l’occasion de l’exposition « Indiens des Plaines ».
  • Après-midi : visite des réserves.

Mardi 24 mars, #quizzMW

La deuxième journée a été consacrée à des questions posées par le musée à ses visiteurs.

  • Le matin : des questions sur l’histoire du musée, les artistes et auteurs associés à sa conception, l’architecture.
  • L’après-midi : des questions autour des collections, notamment africaines et océaniennes, sur propositions de conservatrices Océanie et Afrique, ainsi qu’en « ping-pong » avec certains de nos confrères dont les collections sont parfois proches.

Mercredi 26 mars, #loveMW

La troisième journée a donné lieu à de multiples interprétations selon les musées participants. Le musée du quai Branly a choisi de valoriser ses pièces emblématiques, notamment en mettant en avant les deux saisons de la websérie « Histoires d’objets », dans laquelle conservateurs, chercheurs et personnalités du musée présentent une pièce des collections. Cette série a également a fait l’objet d’un relais sur Facebook. En revanche, l’Asie n’étant pas encore représentée dans cette websérie, quelques pièces ont été mises en avant par des photos, grâce à la complicité d’une des responsables des collections.

Jeudi 27 mars, #imagineMW

Le jeudi, l’imagination des visiteurs était à l’honneur. Le musée a proposé à ses visiteurs en ligne de compléter des débuts de contes, tous disponibles au salon de lecture Jacques Kerchache. Les visiteurs se sont prêtés au jeu et, parmi les contes, l’un a été particulièrement populaire et a donné lieu à un cadavre exquis original.

Vendredi 28 mars, #questionMW

Cette journée a été consacrée aux questions posées par les visiteurs. Trois rendez-vous avaient été prévus :

  • 11h : rendez-vous avec Sarah Frioux-Salgas, commissaire de l’exposition consacrée à Nancy Cunard ;
  • 15h : rendez-vous avec Julien Clément et Jessica de Largy-Healy, adjoints au directeur de la recherche au musée ;
  • 16h : rendez-vous avec Aurélien Gaborit, commissaire de l’exposition Bois Sacré.

Malheureusement, ces rendez-vous n’ont pas trouvé l’écho attendu. De nombreuses questions ont été posées par nos publics, mais peu en rapport avec ces thématiques. Un échange intéressant a eu lieu avec un abonné, fan inconditionnel du musée, féru d’art africain et océanien. Il a posé de nombreuses questions adressées à Philippe Peltier, responsable des collections Océanie, qui s’est prêté au jeu avec beaucoup de patience.

Samedi 29 mars, #archiMW

Le samedi, le musée a mis en avant son architecture, à travers une sélection de photographie du chantier, du jardin, des différents espaces. Quelques vidéos ont été faites à partir de Vine, en direct.

Dimanche 30 mars, #creaMW

La dernière journée de la semaine était consacrée à la créativité des visiteurs. Le musée a partagé les dessins, haikus et poèmes produits dans le cadre des actions de la Direction des Publics. Cette journée a été également l’occasion de rendre hommage à la créativité spontanée de nos publics. De nombreuses participations ont été proposées, notamment de la part des agents du musée.

Retombées dans la presse

L’événement a fait l’objet de plusieurs parutions presse dans lesquelles le musée a été cité, en voici quelques-unes :

Pour retrouver tous les tweets du musée lors de la #MuseumWeek

Pour alléger, je n’ai évidemment pas mis de liens vers la totalité des tweets postés par le musée du 24 au 31 mars 2014. Voici comment les trouver rapidement :

    1. Rendez-vous sur la recherche avancée de Twitter
    2. Dans le champ « Mots/Ces hashtags », saisissez le mot-dièse recherché, par ex., #coulissesMW
    3. Dans le champ « À partir de ces comptes », saisissez @quaibranly.
    4. Cliquez sur « Rechercher »

Et voilà, vous avez l’intégralité des tweets publiés par le musée contenant le mot-dièse #coulissesMW !

Silicon Valois

Les rendez-vous culture et numérique du printemps 2014

Silicon ValoisBeaucoup de rendez-vous culture et numérique pour le printemps ! Voici un petit tour d’horizon de ce qui se passe à Paris, en Grande-Bretagne et à Montréal.

Silicon Valois, du 16 au 28 mai 2014, à Paris

Le Ministère de la Culture accueillera Silicon Valois, au 82 rue Saint-Honoré, un moment d’expérimentation présenté comme « un espace éphémère de rencontre entre la culture et l’univers numérique ». Au programme : des moments de rencontre, des ateliers pour créer, échanger et apprendre, un espace de coworking et un questionnaire.

À noter : mardi 27 mai, de 9h30 à 12h se tiendra une rencontre autour de la #MuseumWeek à laquelle je participerai aux côtés de mes confères Benjamin Benita d’Universcience et Aurore Gallarino du CMN, mais aussi d’Antoine Courtin du labex Les passés dans le présent et Justine Ryst de Twitter, alors que la séance sera animée par Florence Vielfaure pour le MCC.

Le soir même, de 18h30 à 20h, une rencontre Muzeonum aura lieu autour de la thématique « Forces et faiblesses des établissements publics face aux enjeux du numérique ». J’animerai cette séance avec Audrey Defretin, avec la complicité d’Omer Pesquer. La liste des intervenants est en cours de validation, mais il devrait y avoir des représentants d’institutions culturelles ainsi que des consultants ou agences extérieurs.

Hub Day Twitter, vendredi 23 mai à Paris

Le Hub Institute consacre un Hub Day, journée de formations dédiées aux cadres du marketing et de la communication, à Twitter. Ce sera « l’occasion de décrypter avec les acteurs de l’écosystème Twitter, les chiffres clés, les derniers services, les meilleures expérimentations, best practices et plus encore pour tout comprendre du réseau social. »

De grands noms de la communication et de la consommation seront bien sûr présents, mais une table ronde sera consacrée à la #MuseumWeek, avec la participation de Benjamin Benita d’Universcience et Charles d’Hérouville de la Cité de la musique. Une belle occasion de montrer que le community management ne se limitent pas aux entreprises avec des objectifs commerciaux, mais concerne également les institutions culturelles.

Une visite autour du dispositif numérique de Great Black Music à la Cité de la musique, Paris

Le vendredi 13 juin (ne soyez pas superstitieux), Muzeonum vous propose une visite de l’exposition Great Black Music à la Cité de la Musique en compagnie des concepteurs du dispositif numérique. Pas encore de lien, mais vous trouverez bientôt plus d’informations sur le groupe Facebook de Muzeonum.

Forum « Les musées à l’ère numérique », les 11 et 12 juin à Montréal

Les 11 et 12 juin se tiendra le forum « Les musées à l’ère numérique », organisé par la Société des musées québécois dans le cadre de l’accord France-Canada, avec le concours de l’OCIM. Je participerai aux deux journées (la première est réservée aux professionnels, mais la seconde est sur inscription), avec de super intervenants tels que Nancy Proctor du BMA, Samuel Bausson des Champs libres, Valérie Sirard du MAC et Aude Mathey du blog Culture & Communication. J’ai bein hâte de revoir Montréal !

Futur en Seine, du 12 au 22 juin en Île-de-France

Futur en Seine, la grande fête francilienne du numérique, revient pour la cinquième édition. Pour l’occasion, les principales initiatives #museogeeks se retrouveront pour débattre culture et pratique numériques le mardi 17 juin à 18h aux Arts Décoratifs. En plus des habituels Muzeonum, Museomix, Un soir, un musée, un verre, ça sera l’occasion d’en savoir plus sur le #CMmin, la réunion des community managers des institutions patrimoniales créée à l’initiative du Ministère de la Culture. À suivre avec le hashtag #FENS2014.

MuseumNext à NewCastle et Gateshead, du 18 au 20 juin au Royaume-Uni

Du 18 au 20 juin se tiendra la sixième édition de MuseumNext, rendez-vous européen des musées et du numérique. Parmi les interventions, à noter celles de Rui Guerra, co-fondateur de l’agence INTK et initiateur de MuseumAnalytics ; de Mar Dixon, consultante réseaux sociaux, créatrice de CultureThemes et investie dans de nombreux projets dont Museomix UK ;  et l’unique Frenchie, Sébastien Cursan de Cap Sciences, à Bordeaux. Un peu moins d’institutionnels qu’à Museums and the Web, beaucoup de consultants et d’agences, mais toujours des représentants de qualité, venu des quatre coins de l’Europe et parfois d’un peu plus loin.

Rendez-vous Muzeonum à Paris #10, le vendredi 27 juin

Enfin, le dernier Rendez-vous Muzeonum de la saison 2013-2014 sera organisé en partenariat avec Signe de Sens et aura pour thématique l’accessibilité. Il se tiendra le vendredi 27 juin, avant le traditionnel pique-nique de l’été, la première quinzaine de juillet. Plus d’informations à venir sur le groupe Facebook et le fil Twitter de Muzeonum.

Mais aussi à Montréal…

Deux événements un peu à la marge car il s’agit d’art numérique et non d’usage du numérique comme outil de médiation et de communication, mais qui valent le coup d’être soulignés :

  • La biennale internationale d’art numérique (BIAN) à Montréal, depuis le 18 avril et jusqu’au 13 juin prochain.
  • Toujours à Montréal, les festivals Elektra et Mutek s’allient pour présenter le festival EM15, du 27 mai au 1er juin 2014 : musique, performances, installations, notamment au Musée d’Art contemporain de Montréal.

Où que vous soyez, profitez-bien de ce printemps numérique !

MÀJ du 14/05/14 avec ajout de MuseumNext, de la BIAN et d’EM15.

Intégration des réseaux sociaux dans l'exposition "Indiens des Plaines"

Trois idées reçues sur le numérique au musée

Alors que les dispositifs numériques (réseaux sociaux, dispositif in-situ ou mobile, en ligne ou hors-ligne) sont aujourd’hui omniprésents dans les institutions patrimoniales, il n’est pas rare de tomber sur des articles de blogs, des conférences de professionnels ou encore des discussions de comptoirs qui regorgent d’idées reçues sur le numérique, supposément sauveur ou démon de la culture, selon les paroisses.

Je vous propose ici quelques notes jetées sur la papier (ou plutôt, à l’écran) autour de trois poncifs : pour les réseaux sociaux, les jeunes publics et le retour sur investissement ; pour les dispositifs in-situ, la confrontation entre expérience esthétique et expérience numérique. Évidemment, il ne s’agit que d’observations personnelles basées sur mon parcours professionnel, non de résultats d’une enquête scientifique. En outre, ces réflexions ne reflètent pas la position officielle du musée du quai Branly sur ces sujets.

Il faut être sur les réseaux sociaux : c’est là que sont les jeunes

Justin Bieber sur Twitter

Justin Bieber et ses 52 millions d’abonnées sur Twitter

C’est l’une des leçons les plus claires que j’ai tiré en deux ans de community management au quai Branly : la majorité des adolescents se fichent bien que des musées viennent leur parler sur les réseaux sociaux. Le musée du quai Branly a une politique des publics très orientée vers les scolaires, qui bénéficient de conditions de visite spécialement adaptées. Forcément, entre la généralisation des smartphones et le succès grandissant de Twitter auprès des ados, il est très fréquent que certain-e-s parlent de leur visite au musée, pas toujours dans les termes les plus flatteurs. Je m’efforce de les accueillir par un petit mot aussi souvent que possible. J’ai choisi cette attitude car je pense que « la première impression compte ». Si ces gamins ont le sentiment qu’ils sont les bienvenus, qu’ils peuvent poser des questions et avoir des réponses, peut-être auront-ils une image positive du musée. La majorité ne répond pas, beaucoup semblent ressentir ces messages comme une agression, quelques-uns au contraire sont demandeurs d’informations. Enfin, plus rarement, certains ont une attitude provocatrice.

Comme le montrent les travaux de danah boyd ou de Laurence Allard, les ados considèrent les réseaux sociaux comme des espaces qui leur permettent de se retrouver, de discuter hors du regard de leurs parents. La preuve : ils se méfient à présent de Facebook et lui préfèrent des outils moins « exigeants » comme Twitter ou Snapchat). Ils ont un usage identitaire de Twitter, par affinités, dans laquelle le musée ne cadre pas. Leur logique conversationnelle n’est pas celle de l’institution et, en général, ils ont peu d’abonnés et d’abonnements. Ils parlent entre eux, éventuellement, tentent des interactions avec des marques et/ou des stars qui font partie de leur univers (cf les Directioners, les Beliebers, les Gleeks, etc). Un exemple, plutôt drôle, de ces confrontations entre jeunes utilisateurs et institutions est celui de la préfecture de la Moselle sur Twitter en janvier 2013.

Alors, faut-il s’acharner à essayer d’établir le contact ? Si oui, comment leur parler ? De quoi ? Quel niveau de langue adopter ? Je n’ai pas de réponse et ma réflexion continue à accompagner ma pratique. Un peu de lecture pour enrichir le débat : Teens, Social Media, and Privacy sur le site de Pew Research Internet Project (mai 2013).

Le problème avec les réseaux sociaux, c’est qu’on ne peut pas mesurer le véritable impact sur les visiteurs

Intégration des réseaux sociaux dans l'exposition "Indiens des Plaines"

Intégration des réseaux sociaux dans l’exposition « Indiens des Plaines »

L’une des questions les plus fréquemment posées avec les réseaux sociaux est : comment en mesure-t-on l’efficacité sur les utilisateurs ? C’est l’une des problématiques les plus importantes des marques, auxquelles les nombreux gourous 2.0 consacrent beaucoup de temps à conseiller tel outil maison ou tel service tiers censé répondre à toutes leurs attentes. Or, les institutions publiques sont confrontées à des enjeux sensiblement différents : leur objectif n’est pas de développer et d’entretenir une clientèle chargée de consommer des produits, mais de répondre aux besoins d’utilisateurs, d’usagers, de visiteurs.

Aussi, si un projet comme le NOS (Nouvel Outil Statistique) a toute sa pertinence et s’il est important de mettre au point des outils permettant d’évaluer les actions de community management dans les institutions culturelles, je m’interroge de plus en plus sur l’intérêt de ce type de questions. Ça n’est que mon avis, mais plus le temps passe et plus je pense qu’il est inutile de calculer un quelconque ROI (return on investment, ou retour sur investissement en marketing) pour l’usage des médias sociaux par les musées. À mon sens, il s’agit aujourd’hui d’un service public qui doit être proposé aux visiteurs par les institutions culturelles. Pour autant qu’elles en aient les ressources humaines et financières, elles doivent être présentes sur les réseaux sociaux numériques pour répondre aux besoins que les utilisateurs pourraient exprimer à leurs égards. Bien sûr, quelques milliers de fans sur Facebook et ou d’abonnés sur Twitter n’auront pas la portée d’une campagne d’affichage en 4×3 dans le métro parisien, mais là n’est pas la question. Car dans ces quelques milliers d’abonnés figurent nos plus fidèles visiteurs, ambassadeurs du musée et de ses activités.

Les écrans empêchent les visiteurs de regarder les œuvres

Capture d’écran du Statens Museum for Kunst, Copenhague sur le Google Art Project

Capture d’écran du Statens Museum for Kunst, Copenhague sur le Google Art Project

La multiplication des occasions de consulter des informations sur écrans (qu’ils soient mobiles ou non, et qu’ils soient proposés par le site qu’on visite ou ceux de nos terminaux personnels) pose problème à certains observateurs, qui craignent un éloignement des œuvres. L’exemple le plus frappant de ce danger est le Google Art Project, dont la proposition de visiter les musées du monde entier confortablement installé dans son fauteuil fait craindre à certains l’abandon de la visite physique des lieux. Si je demeure réservé sur les motivations de Google et la participation enthousiaste de bien des établissements culturels dans le monde, il n’en demeure pas moins que ce projet permet une visite en ligne de belle qualité et offre un aperçu de lieux que je ne pourrai sans doute jamais visiter.

Ironiquement, lors l’apparition de la photographie comme outil de documentation des collections (et la création du catalogue d’exposition tel qu’on le connait aujourd’hui qui en a découlé*), le même argument était utilisé par ses détracteurs : forcément, les visiteurs ne viendraient plus visiter la Grande Galerie de Peinture du Louvre, dès lors qu’ils pourraient se procurer un livre reproduisant les tableaux avec une qualité plus ou moins correcte. Aujourd’hui, les plus hostiles à la valorisation des collections sur formats numériques ne jurent que par les supports éditoriaux papiers, souvent considérés comme bien plus honorables que les dispositifs numériques. Le temps est passé et a rendu le livre légitime alors qu’il n’en est pas moins un support technique, tout comme l’écran. Or, je me rappelle d’un cours de méthodologie à l’École du Louvre dans lequel on nous enjoignait à nous méfier des reproductions des œuvres – les diapos projetées sur l’écran géant de l’amphithéâtre Rohan autant que les vignettes dans les ouvrages de référence -, notamment car elles ne permettent pas toujours de se rendre compte des dimensions des objets représentés, d’une fibule de quelques centimètres à une façade de palais.

Explorer les trésors des musées grâce à un outil, que ce soit sur papier ou sur écran, est un premier pas dans la découverte de l’œuvre et c’est déjà formidable. Parfois, cette découverte ne va pas plus loin, quelles qu’en soient les raisons (éloignement géographique, prix de la visite, etc). Parfois, cet avant-goût débouchera sur une visite des lieux. Si rien ne remplace la confrontation physique avec les œuvres, les technologies permettent d’en appréhender de multiples aspects. Et réciproquement, si les technologies enrichissent la découverte et la visite, rien ne saurait remplacer la présence de l’œuvre.

*Voir Culture & musées n°21.

View from the Centre Pompidou

11 Questions to a Museum Blogger on MuseumBlog/gers Day

Best Blog logo
Last week, March 19th was #MuseumBlogs Day, initiated by Museum 140 and Museum Minute. Many Twitter users used the #MuseumBlogs hashtag to share their favourite museums blogs, as well as museums bloggers (regardless of their working in museums or not).

The Naturkundemuseum, in Berlin, started a blog chain, by throwing Jenni Fuchs from Museum 140 a Best Blog Blogstöckchen, eleven questions to answer. As the chain went on, Jamie Glavic from Museum Minute was so kind as naming my blog one of her favourite and suggesting I may answer eleven of her questions.

Here are some bloggers who already answered the 11 questions:

And here are my answers…

1. Who are you and what do you like about blogging?

My name is Sébastien Magro, I am 32 and I am a new media manager at musée du quai Branly in Paris, France. I’m particularly interested in the social, collaborative and participatory aspects of interpretation through digital tools. I like blogging about museum-related technological and digital practices, which are both personal and professional interests.

2. And which post on your blog is your personal favourite?

I’m quite proud of ‘About #jourdefermeture‘, which explains the #jourdefermeture hashtags used by French speaking museums. It was, up now, my only blogpost in English, and I’d like to write more often in English.

3. If you had a whole week just to blog: which subject would you like to thoroughly research and write about?

I’d like to write about accessibility and visitors with disabilities, in-situ as well as online and through digital devices. I’d ask my friend Simon Houriez, who runs the Signe des Sens non-profit, to help.

4. If you could ask anyone at all to write a guest post for your blog (you can be as utopian as you like), who would you chose and what would you ask them to write about?

So it’s totally utopian? I think I’d be very honoured to have an anthopologist like Claude Lévi-Strauss or a sociologist such as Marcel Mauss to write about the Web’s ‘tribes’ and ‘groups’. Working at Musée du quai Branly got me interested in social sciences and humanities, I started reading some books dealing with the museum’s themes. I’d be very intrigued to read what they have to say about our current so-called connected world. Of course, there are sociologists and anthropologists who work on these subjets right now, such as Antonio Casilli, Fred Pailler or Jonathan Chibois.

5. What has been your most memorable museum experience?

I remember a few visits that had some impact on me as a kid: the Egyptian Museum in Torino, Italy, with my grand-father; the Archeological Park of Bibracte, France and, of course, the Louvre, that I have been visiting quite often for years, now.

6. What is the most popular post on your blog?

My most read blog posts are a three part-post that I wrote in 2011 (Le musée participatif (1/3) : état des lieux, Le musée participatif (2/3) : quelques initiatives and Le musée participatif (3/3) : synthèse et bibliographie). It was supposed to be some kind of an intention letter or abstract for a PhD I was planning to start. It’s a kind of “state of the art” for participatory initiatives in museums, mainly in France. Even if I wrote in few years ago and the examples I listed are quite old (in a web-culture perspective), these three texts are still my most read posts.

7. What was the last museum you visited and how was it?

I visited the Bill Viola Exhibition at the Grand Palais last week (it’s not exactly a museum, it’s more of a gallery that hosts large exhibitions). I discovered Bill Viola something like 14 or 15 years ago, when I started studying Art History at the École du Louvre. I was amazed at his work at that time. Now, I must admit that I am less into it: the spiritual themes didnt’s impress the way they did when I was younger. Also, I am wondering if visiting video art should not evolve, now that movies and TV series use quite the same graphic and artistic vocabulary. Viola’s very last piece in the exhibition, dated 2013, has a lot in common with what you see in recent TV shows such as Top of the Lake, Game of Thrones or True Blood. Anyway, it was a very interesting visit, since Grand Palais is a beautiful place.

8. Share your favourite photo with us that you took at a museum.

#PaDeBo_13Here it is… I took this picture a few year ago at Centre Pompidou. The view on Paris from Centre Pompidou’s 5th floor is astounding. For me, this picture also deals with the inside/outside theme, art being inside as well as outside the museum. My Flickr photostream shows other views on the outside of museums that I took in Copenhagen, Montreal and other places.

9. If time and money were not an issue, which museum in the world would you most like to visit?

When I answered Museum Minute’s ‘Meet a Museum Blogger’ series, I talked about how much I love France National Museum of Natural History, in Paris. Now I’d really like to visit NHM London, I think I have a thing for natural science museums.

10. There are many big and famous museums, but which is your personal favourite ‘hidden gem’?

I would say Copenhagen’s Louisiana Museum of Modern Art. It is not a ‘small museum’, since it is quite reknown, but it’s a very suprising place: you arrive in what seems to be a standard European suburban neighbourhood, with tiny family houses and when you get into it, it’s something as huge as NYC’s MoMA, with large galleries, splendid park with sculptures and high-quality exhibitions. I took a few pictures there when I visited in Summer 2012.

11. Do you have any insider tips on any of the museums you have visited or blogged about?

  • Enjoy Montreal’s Quartier Latin which is gathers great cultural institutions such as Musée d’art contemporain de Montréal, Grande Bibliothèque and Cinémathèque québécoise.
  • Use Copenhagen Card when visiting Copenhagen, it offers many free attractions and avantages, such as free admission for 75 museums and attraction.
  • When visiting with your family or if you are teens interested in visiting museums (which is great), don’t forget that many museums are free for visitors under 25 in France and UE, it’s always great news!

Next please!

As I’ve answered my set of questions, I am passing Best Blog Blogstöckchen to some of my favorite blogs and bloggers: Alli Burness, who blogs about her museums world tour on Museum in a Bottle ; Russel Dornan from the Wellcome Collection, that I recently discovered ; my friend Gonzague Gauthier from Centre Pompidou. Here are my questions for you (I also chose to keep them as is):

  1. Who are you and what do you like about blogging?
  2. What is the most popular post on your blog?
  3. And which post on your blog is your personal favourite?
  4. If you had a whole week just to blog: which subject would you like to thoroughly research and write about?
  5. If you could ask anyone at all to write a guest post for your blog (you can be as utopian as you like), who would you chose and what would you ask them to write about?
  6. What has been your most memorable museum experience?
  7. What was the last museum you visited and how was it?
  8. Share your favourite photo with us that you took at a museum.
  9. If time and money were not an issue, which museum in the world would you most like to visit?
  10. There are many big and famous museums, but which is your personal favourite ‘hidden gem’?
  11. Do you have any insider tips on any of the museums you have visited or blogged about?

And here’s what you have to do:

  • Answer the eleven questions – you can adapt them a little to fit your blog, if you like.
  • Include the Best Blog image in your post, and link back to the person who nominated you (that would be me, by the way, or more specifically, this blog post).
  • Devise eleven new questions – or feel free to keep any of these ones here if you like them – and pass them on to how ever many bloggers you would like to.

I look forward to reading your answers!

Star Wars Identities : choix de l'espèce

Un exemple de personnalisation de la visite : Star Wars Identities

Après avoir fait ses débuts au Centre des Sciences de Montréal à l’automne 2012, l’exposition Star Wars Identities est montrée en France, à la Cité du Cinéma (Saint-Denis) jusqu’au 10 juin 2014. Au-delà de l’aspect « grosse production » de cette exposition itinérante produite par une agence et non par une institution culturelle (ce qui explique notamment ses prix d’entrées exorbitants), je me suis intéressé au dispositif de personnalisation de la visite proposé. Attention : photos et observations prises entre deux explications à mon neveu de 6 ans.

À quoi ressemble ce dispositif ?

Star Wars Identities : décompte d'accès à l'exposition

Star Wars Identities : décompte d’accès à l’exposition

Avant d’entrer dans l’exposition, les visiteurs sont accueillis par de nombreuses hôtesses, installées dans une large borne, qui remettent les audioguides, ainsi que des bracelets. L’audioguide est constitué d’un disque de la taille d’une orange, rond et épais de 3 cm, à porter autour du cou. Il consiste principalement en une molette, qui permet de régler le son, équipée de deux boutons qui permettent de choisir la langue, français ou anglais. Une oreillette vient compléter l’objet. Il semble fonctionner grâce des capteurs infrarouges qui permettent d’entendre des pistes sonores lorsque les visiteurs pénètrent dans certaines zones de l’exposition, délimitées par un marquage au sol. En complément, un bracelet type « bracelet d’équilibre » est fourni. Il est équipé d’une puce NFC/RFID qui permet d’interagir avec les bornes réparties dans l’expo.

L’accès à l’exposition se fait par vagues, espacées d’au moins 5 min. Les visiteurs entrent dans un sas pour y assister à une projection qui présente le parcours de l’exposition à travers la destinée de deux des personnages principaux de la saga, Luke Skywalker et son père Anakin Skywalker (Dark Vador). L’exposition est constituée de 10 étapes (espèce, gènes, parents, culture, mentors, amis, événements, occupation, personnalité, valeurs), dans lesquelles les visiteurs découvrent à la fois l’univers de Star Wars (croquis préparatoires, anecdotes des tournages, costumes d’origine et éléments de décors, etc.) et une série d’informations qui mêlent génétique, biologie et psychologie autour de la question « Qu’est-ce qui constitue notre identité ? ». À chaque étape, le public est invité à répondre à quelques questions sur des bornes tactiles, après avoir présenté son badge devant un lecteur.

La dernière salle de l’exposition est équipée de hauts écrans de projection qui permettent de voir apparaître son personnage, résultat des réponses données au passage des étapes. Des bornes tactiles permettent d’envoyer son avatar par courriel. La sortie s’effectue par un couloir menant à la boutique, au passage duquel les visiteurs rendent leur équipement à une hôtesse, bien seule et coincée dans une étroite guérite, ce qui créé un bel embouteillage.

À quoi sert ce type d’installations ?

Ce dispositif, imposé aux visiteurs à l’entrée de l’exposition, est-il indispensable à la visite ? A priori, pas totalement car, s’il permet d’entendre la bande son des installations multimedias, il est surtout utile pour proposer au public une personnalisation de la visite. Les contenus de l’exposition sont les mêmes pour tous, mais les réponses que les visiteurs apportent aux questions qui leur sont posées permettent de dessiner les contours de leur identité, révélée à la fin de l’exposition. L’ensemble repose sur l’idée que nos vies sont influencées par nos choix, à l’image de Luke Skywalker qui décline la proposition de l’Empereur de rejoindre le côté obscur de la Force, là où son père Anakin succombe 20 ans avant, pour devenir Dark Vador.

L’exposition présente donc deux niveaux de visite : pour les fans de Star Wars, elle permet une immersion dans l’univers de la saga, s’inscrivant un dispositif transmedia tout à fait assumé. Pour les visiteurs intéressés par la dimension « identitaire », elle propose de « vivre une aventure » dixit le message d’introduction dans le sas d’entrée. Malheureusement, cette expérience ne dépasse pas vraiment le cap du test digne d’ouvrage de pop-psychologie… En outre, si l’exposition se veut adressée à un large public, les questions du parcours personnalisé me semblent peu adaptées aux plus jeunes : difficile pour les enfants d’y trouver un intérêt avant l’âge de 10-12 ans environ.

Star Wars Identities : mon avatar

Star Wars Identities : mon avatar

Malgré une qualité de production irréprochable, une scénographie impeccable rappelant l’univers de Star Wars sans en faire trop et des installations multimédias de qualité, cette exposition reste plus une attraction de parc à thème que le support d’un discours pédagogique. Bien qu’elle soit très correctement intégrée et plutôt bien menée, la personnalisation de la visite se révèle plutôt anecdotique et ne permet pas une réelle appropriation des contenus. Si la muséographie québécoise est reconnue pour la qualité de sa médiation, cette exposition n’en est pas le meilleur exemple.

Selfie par Jamie Glavic

La boîte à outils du #selfie au musée

Suite à l’opération #MuseumSelfie qui a eu lieu sur Twitter hier, mercredi 22 janvier 2014, à l’initiative de Mar Dixon (qui blogue sur CultureThemes), voici une courte liste de liens qui peuvent être utiles aux community managers d’institutions culturelles autour de la pratique du #selfie, et plus particulièrement dans les musées.

Qu’est-ce qu’un #selfie ?

Pistes de réflexion

Quelques articles sur le sujet du côté des sciences humaines et sociales :

À propos de #MuseumSelfie

#MuseumSelfie dans la presse

#MuseumSelfie en chiffres

Selon les chiffres publiés le 22 janvier, à 23h (GMT, donc minuit en France) par Mar Dixon, #MuseumSelfie a généré :

  • 21566 tweets
  • 10 238 participants
  • 3791 photos
  • 9 vidéos

Et bien sûr, les judicieux conseils du Musée de Cluny !

MÀJ du 23/01/14 à 16h42 : ajout de l’article des Inrocks (merci @gillesduffau), puis du 26/06/14 : ajout des articles du Bonbon et de Grazia (merci @_omr).

Une semaine culture et numérique à Paris

ImageLa semaine prochaine sera résolument culture et numérique à Paris ! Voici un bref tour d’horizon des rendez-vous.

Mardi 28 janvier débutera le salon SimeSitem consacré aux technologies audiovisuelles et numériques dans la culture. Nancy Proctor, Head of Mobile au Smithsonian, ouvrira le bal avec une master class sur le thème « Le musée hors de lui ». Elle sera accompagnée par Silvia Filippini Fantoni, Indianapolis Museum of Art, Geneviève Vidal de l’Université Paris 13 et Alain Dupuy, responsable de l’extension numérique du Musée d’Histoire de Marseille.

Jeudi 30 janvier, Muzeonum fermera le salon avec une présentation des outils développés sous l’impulsion d’Omer Pesquer, complétée par des témoignages de membres de la communauté. En tant que membres du conseil, Audrey Defretin et moi serons présents aux côtés d’Omer, pour évoquer Muzeonum et répondre à toutes les questions des visiteurs du salon. Le soir même, le Centre Pompidou accueillera la deuxième conférence #WikiCP, dans le cadre de l’accord entre le Centre et Wikimédia France, autour du thème « Édition, éditions numériques ».

Enfin, vendredi 31 janvier se tiendront les 5èmes rencontres du CLIC au Parc de La Villette. Cette année, la thématique est « De l’expérimentation à l’innovation durable ». Parmi les conférences à suivre, un retour sur les cinq dernières années d’innovation dans les musées en France et dans le monde, ainsi qu’une intervention de Damien Whitmore, directeur des programmes du Victoria & Albert Museum, qui place le numérique au cœur de la stratégie de développement du V&A.

Colloque-événement Participa(c)tion au MAC/VAL.

Avec et sans peinture : retour sur un atelier participatif au MAC/VAL

Avec et sans peinture au MAC/VAL

Avec et sans peinture au MAC/VAL

Il y a quelques jours se tenait le colloque-événement Participa(c)tion au MAC/VAL, qui m’a invité à proposer un atelier. En collaboration avec les équipes du service des publics, nous avons conçu « Avec et sans peinture », un atelier en ligne et hors ligne, invitant les visiteurs à participer à la création des contenus autour des œuvres du Parcours #6, le prochain accrochage du musée, qui sera consacré à la peinture et débutera en janvier 2014. Après une première phase sur la page Facebook du musée en novembre 2013, je vous propose de revenir en quelques mots sur l’atelier qui s’est tenu le dimanche 8 décembre.

Participez en trois étapes faciles !

À leur arrivée au salon, les visiteurs étaient accueillis par trois médiateurs du MAC/VAL, Alice Martel et moi-même. Il leur était proposé de choisir une œuvre issue des collections, représentée sur une fiche papier plastifiée, parmi deux groupes : des œuvres exposées actuellement et d’autres, déjà montrées pour certaines, qui rejoindront le Parcours #6. Ensuite, les visiteurs devaient tirer au sort un défi, dans une liste de 16 défis aussi variés que : « Vous êtes l’artiste, présentez-nous votre travail », « Décrivez l’œuvre à quelqu’un qui n’est pas là », « Retrouvez l’œuvre dans les salles et prenez-vous en photo avec » ou encore « Dessinez l’œuvre d’un seul trait ». Enfin, les visiteurs avaient le choix entre quatre principaux modes d’expression : le support papier pour l’écrit et le dessin, une cabine vidéomaton, un point d’enregistrement audio et un poste connecté à la page Facebook de l’événement.

Quels retours ?

Au total, je pense que nous avons eu une bonne cinquantaine de participations de toute sorte [MÀJ du 12/12/13 : 61 participations exactement], avec un public plutôt familial. J’ai été aussi étonné que ravi de voir l’enthousiasme des visiteurs, dont la plupart se sont prêtés au jeu avec bonheur. L’énergie d’un jeune visiteur, à peine âgé de 10 ans, qui a insisté pour accomplir le maximum de défis avec deux œuvres qu’il avait choisies, m’a vraiment impressionné — son père a du insister plusieurs fois avant qu’il ne consente à renoncer à compléter sa quête au moment où l’atelier se terminait.

Si la localisation de l’atelier, dans le salon du MAC/VAL où sont placées les machines à café, a été un facteur intéressant pour « attraper » des visiteurs au vol, sa tenue en parallèle aux conférences publiques et aux performances a peut-être réduit la fréquentation. La signature de la décharge autorisant le musée à exploiter les productions des participants et, le cas échéant, leurs sons et leurs images, n’a pas non plus posé problème. Enfin, à première vue, pas vraiment de participations fantasques : l’accompagnement par les médiateurs sur place à permis d’éviter les ados qui lancent l’enregistrement, font quelques grimaces et partent en pouffant.

Et la suite ?

Avec et sans peinture au MAC/VAL

Le mur des participations écrites et dessinées

Le MAC/VAL définira prochainement des critères pour la sélection d’un certain nombre de participations, qui seront valorisées dans le cadre du prochain accrochage temporaire. J’ai proposé au musée que les productions des visiteurs soient mises en valeur à la fois en ligne (ce qui ne devrait pas être un problème sur le site du musée) et dans l’espace physique de l’exposition, dans la limite des possibilités techniques. Le MAC/VAL profitera sans doute de son comité de visiteurs pour sélectionner les participations les plus pertinentes et travailler à leur valorisation, peut-être sous la forme d’un journal de l’exposition, en parallèle au discours institutionnel du musée. Enfin, un verbatim des participants pourrait aussi être envisagé, quelque soit le support de leur proposition.

Je profite de l’occasion pour remercier Stéphanie et Alice pour leur invitation, Marion, Gilles, Arnaud pour leur collaboration, ainsi qu’Irène, Adrien et Abdel pour la qualité de leur accueil au musée.